Déménagement!

Bonjour bonjour =)

Le site fait peau neuve, et avec un peu de chance, et quelques siestes de bébé, j’aurais même le temps d’écrire de nouveaux articles…

Retrouvez-moi sur www.dietetiquevegetale.com/

A très vite!

 

Publicités

Lectures de l’été #5: lectures en vrac

Ce mois d’août n’a pas été très studieux! Certes je travaille sur d’autres projets, mais surtout je profite du calme avant la reprise de septembre pour prendre un peu de repos et pour lire lire lire, des trucs sur la diététique, mais pas que.

Je vous propose aujourd’hui quelques pensées sur quatre ouvrages lus ce mois-ci.

Voilà un ouvrage qui me faisait de l’oeil depuis pas mal de temps (en fait depuis sa sortie en 2013), mais que je n’avais jamais eu l’occasion de lire. C’est maintenant chose faite.

Récit de vie et du parcours de militante de l’auteur, ce livre est une mine d’informations: ouvrages de référence, expériences de dialogues et d’argumentation face aux passants parfois peu réceptifs, etc. C’est à la fois drôle, instructif, et propre à susciter bien des réflexions, ainsi que de longues listes de courses pour le libraire… Même si je ne suis pas vraiment attirée par cet aspect militant du véganisme, avec tract et viande humaine en barquette, j’ai trouvé cette lecture passionnante. Elle sera certainement suivie par d’autres, issues de la très complète bibliographie commentée que propose Sandrine Delorme.

Pour les tourangeaux que ça intéresse, Le cri de la carotte est disponible à la bibliothèque centrale de Tours (cote JS 590.1 DELO, tout au bout du fond de la section adulte). Inscrivez-vous, il y a plein de chouettes revues, bouquins, CDs, DVDs, et ça coûte trois fois rien 🙂

J’avais prévu à l’origine de faire un article plus complet sur ce livre, et finalement, pas besoin. La partie nutrition est très claire, et même si les sources ne sont pas citées directement, l’auteur nous indique où trouver toutes les références qui soutiennent ses propos: principalement dans la position de l’association américaine de diététique sur les alimentations végétales. La partie recettes est fort appétissante, et organisée par aliment, ce que je trouve pratique, surtout quand je cherche une idée de plat à faire avec une céréale ou un autre aliment bien spécifique. On peut lui reprocher simplement de relancer encore la question de la complémentarité des protéines, qui était pourtant très bien abordée dans la partie nutrition.

Un bon petit bouquin à transmettre à l’entourage inquiet de vos choix alimentaires!

L’alimentation des enfants, en particulier végétariens, est une grande source de questionnement pour leurs parents, et la manière la plus sûre d’avoir des informations fiables à ce sujet est de s’adresser à un professionnel de santé spécialisé dans l’alimentation végétale.  Cependant, comme on n’est pas très nombreux, ou un peu difficiles à trouver, il est parfois nécessaire de se tourner vers une autre option: le bouquin sur la nutrition. On évitera de consulter Dr Google, les forums de mamans expertes en tout, ou encore les blogs (qui sont de super sources d’infos cuisine et érythème fessier, mais quand il s’agit de nutrition, on trouve tout et son contraire. Méfiance, donc).

En termes de livres sur la nutrition de l’enfant végétalien, les références ne sont pas nombreuses! J’ai donc lu les deux principaux: Bébé veggie, et Petit végétarien gourmand. Ce dernier titre, publié en 2013, fonctionne sur le même principe que Bébé veggie: une blogueuse (Marie Laforêt) et un diététicien (Ludovic Ringot), une partie nutrition et une partie recettes.

La partie nutrition est trop généraliste à mon goût, et j’aurais attendu des éléments vraiment spécifiques de l’alimentation du jeune enfant, qui ici ne m’ont pas semblé suffisamment présents et approfondis. Par exemple, la quantité de protéines recommandée est de 15% des apports quotidiens: c’est la norme haute pour un adulte, mais pour un enfant de moins de trois ans, les chiffres sont différents!

Au final, je préfère Bébé veggie, plus récent, plus précis, avec des données mieux adaptées aux spécificités de l’enfance. Pour ce qui est des recettes par contre, c’est au top, ça donne bien envie, même si on a plus que deux incisives!

Dans un registre complètement différent, j’ai lu, ou plutôt dévoré, un des livres de Vandana Shiva, Le terrorisme alimentaire. Si vous avez regardé quelques documentaires sur l’environnement, l’appropriation du vivant par quelques semenciers, ou l’alimentation et l’écologie, vous savez forcément qui est Vandana Shiva 😉

Bien que les données chiffrées soient relativement anciennes (fin des années 90), l’ouvrage donne une excellente vue d’ensemble de différentes questions en lien avec la sûreté de l’approvisionnement alimentaire: impact des réglementations liées au libre-échange, brevets sur le vivant et monopole des semences, biobrigandage, impacts environnementaux et sanitaires de la course à la rentabilité dans le domaine de l’élevage, mythes et fantasmes autour des OGMs, etc. Même vingt ans après, c’est toujours d’actualité. « Le temps est venu de recouvrer la richesse volée et de proclamer que produire de bon aliments est la forme la plus élevée du don et l’acte le plus révolutionnaire qui soit ».

Pour les tourangeaux que ça intéresse, ce livre sera bientôt à nouveau disponible à la bibliothèque centrale, mais pour le moment, il est encore chez moi! Par contre, inutile de le chercher, il est en réserve, donc allez le demander directement à un-e bibliothécaire, avec la cote (B 37.361).

Si vous avez des suggestions de bouquins, n’hésitez pas à m’en faire part, je suis toujours ravie de découvrir de nouvelles choses 🙂

Lectures de l’été, #4: Bébé Veggie, Ophélie Véron et Marjorie Crémadès

Bébé Veggie de Ophélie Véron

Pour l’épisode de cette semaine, j’ai choisi de me pencher sur l’alimentation des enfants. Peu importe les choix alimentaires des parents, ils veulent faire au mieux! Et peuvent pour cela se tourner vers différentes sources d’informations, avec des niveaux de fiabilité très variables…

Dans le cas des parents qui font le choix d’une alimentation végétalienne pour leur enfant, malheureusement, il existe encore peu de sources fiables. Beaucoup de professionnels de santé sont prompts à juger ce choix de manière négative, au détriment de ces parents qui peuvent facilement se tourner vers Dr Google pour répondre à leurs questions. Et Dr Google, s’il a quelques bonnes réponses, a aussi tout un éventail de théories farfelues à proposer. Une simple recherche google sur l’alimentation du bébé végétalien vous mènera vers quelques sites intéressants comme celui de l’association végétarienne de France, ou encore celui de la société végane, mais ils sont tous les deux assez loin dans les résultats. Parmi les autres résultats, vous aurez, au choix, des forums (c’est toujours plein d’expertise, j’adore lire les débats engendrés par la mention du végétalisme des enfants, très divertissant, totalement effarant de bêtise, de jugement, et de pseudo-conseils de nutrition à trois francs six sous), ou un certain nombre de sites-magazines à destination des futures mamans et jeunes parents, avec moult conseils d’experts, et les habituelles mises en garde contre ce mode alimentaire.

J’étais donc ravie quand j’ai appris la sortie de Bébé Veggie (février 2016), écrit par nulle autre qu’Ophélie Véron, alias Antigone XXI, célébrité parmi les blogueurs-blogueuses végés.

Au vu de la notoriété de l’auteur et de la présence d’une diététicienne nutritionniste sur l’affaire, j’avais des attentes plutôt élevées pour ce livre, et je n’ai pas été déçue.

Lire la suite « Lectures de l’été, #4: Bébé Veggie, Ophélie Véron et Marjorie Crémadès »

Lectures de l’été, #3: le Guide du végan en herbe de PeTA

Guide du végan en herbe de PeTA

Il y a quelques semaines, j’ai vu passer sur mon fil d’actualités Facebook une actu de PeTA, faisant la promotion de leur nouveau Guide du végan en herbe.

Évidemment, j’ai tout de suite foncé sur leur site pour en savoir plus, illico téléchargé le pdf, ainsi que demandé la version papier, beaucoup plus facile à transporter car je n’emmène pas d’ordinateur ou de tablette en consultation. Commandée début juin, elle est arrivée par la poste fin juillet, avec un bonus non négligeable: pas d’emballage plastifié autour!

L’analyse d’aujourd’hui sera moins longue et aussi moins approfondie que les précédentes. En effet, le support est bien différent des livres que j’ai étudié jusqu’ici, et de fait, ses objectifs ne sont pas les mêmes.

Toutes les publications que j’ai choisi d’analyser jusqu’ici visent plus ou moins le même objectif, à savoir fournir des informations sur l’alimentation végéta*ienne, et potentiellement convaincre les lecteurs d’adopter ce mode de vie. Cependant, toutes n’adoptent pas les mêmes stratégies pour y parvenir. Certaines optent pour la justification scientifique, en citant de nombreuses études, et font donc appel à notre esprit rationnel (certaines tentent d’avoir cette approche et échouent). D’autres s’engagent plus volontiers sur la voie de l’émotion, avec des images fortes, aptes à marquer les esprits: c’est ce que fait généralement PeTA dans ses actions, et la brochure que j’ai en mains reste dans cet esprit.

La double page d’introduction nous en dit plus sur le public visé par la brochure. Il s’agit de montrer les avantages du véganisme aux non-inités, notamment grâce au trio gagnant des raisons de devenir végane: les animaux, la santé et la planète. Ces trois raisons sont en tête dans la plupart des discussions que j’ai pu avoir sur le sujet, et c’est également ce qui ressortait de mon propre questionnaire sur le végétarisme, réalisé pour mon mémoire de fin d’étude (si ça vous intéresse, on peut en discuter, n’hésitez pas à me contacter par mail 🙂 ).

PeTA nous propose ensuite «6 façons très simples de faire la transition». J’apprécie particulièrement que les produits mentionnés soient facilement accessibles: les produits de chez Sojasun sont disponibles dans beaucoup d’hypermarchés, et la plupart des magasins de grande distribution proposent des boissons végétales (de soja ou autre) sous leur marque de distributeur. Ces produits, souvent bio, sont vendus à des prix très abordables comparés à leurs équivalents de marques renommées en magasin bio. Être végane, ça n’est pas qu’un truc de riches, tout le monde peut le faire, et ça, c’est bien de le rappeler.

Pour ce qui est de trouver des restaurants qui proposent des plats véganes, c’est souvent plus simple dans les grandes villes, mais avec un peu de persévérance, on y arrive aussi en province et dans les zones rurales.

Aparté expérience personnelle: Bon, en toute honnêteté, même après plusieurs années de végétarisme puis de végétalisme, je trouve que c’est toujours compliqué: j’aimerais bien manger un repas de cuisine française au restaurant (et à un prix abordable, je n’ai pas les moyens pour du gastronomique), sans avoir à appeler trois jours avant, ni avoir besoin de bidouiller les options du menu pour composer un repas compatible. Je suis consciente que ces «contraintes» n’en sont pas pour beaucoup de végés, mais pour ma part, j’aimerais être juste une cliente normale, qui va manger au resto sur un coup de tête, et qui prend un plat normal du menu. Au pays de la charcuterie et du fromage, j’ai encore de la marge avant que cela n’arrive!

Nous avons ensuite une semaine de menus, avec des recettes. C’est varié, c’est coloré, et surtout, ça donne envie. Mon chéri, qui n’est pas végétarien, mais qui mange en majorité végétalien à la maison, a laissé échapper quelques «ça a l’air super bon ça» ce qui est, il faut le dire, une grosse performance. Il est en effet très sceptique de la cuisine végétale en général, et en particulier des plats véganes qui s’inspirent de plats traditionnellement à base de viande. La faute à l’école hôtelière, et à mes innombrables gâteaux véganes ratés (en vrai les gâteaux véganes c’est bon, je suis juste très mauvaise pâtissière). Bref, bravo PeTA, sur ce coup-là c’est réussi.

Passons ensuite à la partie purement nutritionnelle.

«Une alimentation adaptée pour toute la vie». La formule rappelle assez clairement la position de l’association américaine de diététique, bien qu’elle ne soit pas citée. Cette page 11 concerne l’alimentation des enfants et donne quelques pistes et quelques sources, qu’on peut tout à fait qualifier de fiables: l’académie américaine de pédiatrie, et le département de nutrition de l’école de santé publique d’Harvard. Par contre, bémol, rien sur la nécessité d’une supplémentation en vitamine B12. Dommage, PeTA, jusque là c’était le sans faute.

La double page qui suit est plutôt orientée vers l’alimentation des adultes.

La page 12 décrit les nombreux bienfaits du véganisme. Si PeTA mentionne différentes études, elles ne sont pas citées directement, mais bon, ça reste une brochure et je comprends la nécessité de garder les choses simples et accessibles. Pour autant, j’aurais attendu un accès aux sources via le site de PeTA France, vers lequel le lecteur est renvoyé «pour plus d’informations». Je n’ai pas trouvé, mais j’ai peut-être mal cherché.

Les chiffres annoncés sont de l’ordre du spectaculaire. Comme je l’ai déjà mentionné dans l’épisode 2, les études que je connais (citez vos sources, je veux savoir d’où viennent tous ces chiffres fantastiques!!!) indiquent certes des bénéfices, mais beaucoup moins marqués. Oui, les végétaliens ont un IMC plus faible que les omnivores, pas de beaucoup, mais quand même; oui, le risque de maladies cardio-vasculaires diminue, mais ce léger bénéfice est surtout visible pour les hommes; oui, on peut parvenir à une meilleure gestion d’un diabète de type 2 avec une alimentation végane, mais arrêter tout traitement ne sera pas forcément possible, et on peut parvenir à des résultats similaires avec une alimentation omnivore bien gérée. Même s’il offre nombre d’avantages, le véganisme n’est pas la panacée. S’il s’agit de vendre du rêve, c’est gagné, mais pour la validité scientifique, pas tout à fait. Mais comme l’objectif annoncé est de convaincre, la démarche de PeTA est cohérente: les chiffres sont exagérés,  mais pour autant, les informations proposées ne sont pas complètement fausses… juste très très trèèèès grossies.

La page suivante revient sur certains points classiques de l’alimentation végétale: les protéines, le calcium, le fer, les vitamines du groupe B, et les acides gras oméga 3.

Rien de particulier à rajouter, ce qui est dit est juste. Et la vitamine B12 est bien mentionnée cette fois, avec la nécessité de prendre un supplément si les aliments enrichis ne suffisent pas ou sont introuvable. Notons que c’est le cas pour la plupart des véganes de France: les produits enrichis en B12 sont encore rares dans l’hexagone, donc à moins d’importer beaucoup de similis d’outre-atlantique (bonjour le bilan carbone), un supplément reste la meilleure option.

Les pages suivantes ne relèvent plus de la nutrition. Il s’agit ici de donner un aperçu des conséquences de la production de denrées animales. Pas d’images «choc», mais un vocabulaire tout à fait explicite, pour confronter le lecteur à ses contradictions: ils sont tous les deux joueurs, mignons, affectueux, intelligents et curieux, alors pourquoi traiter différemment un chiot et un porcelet?

En conclusion

Commandez-le pour vous, envoyez le pdf à vos amis omnivores, et discutez-en ensemble!

Je pense que ce Guide du végan en herbe est un excellent outil pour une première approche de la question du véganisme.

D’autres supports seront immanquablement nécessaires pour approfondir, mais comme point de départ, c’est top. Par exemple, la société végane française a compilé les recommandations officielles issues de différents pays en matière de véganisme. Ce document constitue une excellente base pour tout l’aspect théorique d’une alimentation végane bien menée.

Un dernier point de détail, mais qui a son importance:

Le choix de l’orthographe pour «végan» est toujours problématique. La prononciation des mots anglais chez les francophones nous ramène encore et toujours vers la question de la qualité de l’enseignement des langues étrangères à l’école. C’est un débat pour un autre lieu et un autre jour, mais ce qui est sûr, c’est que je ne suis ni «vi-gant», ni «vé-gant», et encore moins «vé-gens», je suis «végane», et cela n’a rien à voir avec mon identification de genre, car «végane» fonctionne aussi au masculin. Vous pouvez lire un article très bien fait à ce sujet sur le blog d’Antigone XXI.

Et c’est tout pour aujourd’hui! La semaine prochaine, on parlera purée et alimentation de l’enfant, avec une analyse de Bébé veggie, d’Ophélie Véron et Marjorie Crémadès.

Lectures de l’été, #2: Mon Cahier Veggie, de Hélène Defretin

Image Mon cahier Veggie
« Mon cahier veggie », avec en bonus une petite bête poilue qui se demande bien pourquoi elle n’est pas la star de cette photo ^^

Pour ce deuxième épisode, j’ai choisi de me pencher sur Mon Cahier Veggie, écrit par Hélène Defretin. Après les nombreuses heures engagées dans l’écriture du premier épisode, je me suis dit qu’un petit cahier, en plus écrit par une diététicienne, ça serait forcément du gâteau (végane). 

Pour plus de détails sur ma démarche, vous pouvez vous reporter à ces deux articles: Lectures de l’été et Un dernier point avant de commencer!

Lire la suite « Lectures de l’été, #2: Mon Cahier Veggie, de Hélène Defretin »

Lectures de l’été, #1: le Guide nutritionnel vegan, de Sonja Reifenhäuser.

guidenutritionnelvegan-sonjareifenhauser

Pour ce premier « épisode », j’ai choisi le Guide Nutritionnel Vegan de Sonja Reifenhäuser. Si jamais vous vous posiez la question, il n’y a pas de raison particulière à ce choix, et aucun ordre défini à l’enchainement des titres pour mes lectures de l’été.

Avant de commencer, notons que:

  • Je n’ai pas la science infuse et je ne prétends pas pouvoir faire mieux que les personnes qui ont écrit les livres que je vais décortiquer. Par contre, j’ai une formation solide, beaucoup d’heures de recherches derrière moi, et je n’aime pas du tout qu’on me raconte des craques.
  • J’analyse le produit final, et je relève les points pour lesquels il me semble important d’apporter un éclaircissement, ou pour lesquels il me semble que la relecture avant publication n’a pas été suffisante.
  • Mon but est d’offrir aux personnes qui s’interrogent sur le végétalisme ou le végétarisme une vision claire de ce qui existe en termes de «guides végé», et le recul nécessaire pour faire des choix informés. 
  • Votre opinion peut différer de la mienne, et c’est tout à fait sain. Si vous souhaitez l’exprimer, la section des commentaires est faite pour ça, et n’oubliez pas de citer vos sources 🙂

S’il y a une chose qu’il me semble essentiel de garder à l’esprit quand vous lirez ces articles, c’est celle-ci: je suis moi-même végétalienne, et mon but n’est absolument pas de «descendre» les bouquins que je vais analyser. Je suis ravie que des gens écrivent sur le sujet, car cela rend accessible le mode de vie végane, ou au moins l’alimentation végétarienne, à un plus large public. Cependant, pour que notre mode de vie se démocratise et se répande, autant auprès du grand public que des institutions et des professionnels de santé, il est d’une importance capitale que nos arguments reposent sur des faits scientifiques avérés et non sur des croyances. C’est pourquoi, vu la masse d’information et de désinformation disponible sur le sujet, j’ai choisi de mettre à contribution ma formation de diététicienne et mon temps libre pour décortiquer et analyser un maximum d’ouvrages sur le sujet. Soyons de bons défenseurs de notre mode de vie, ne nous laissons pas séduire par la facilité, et présentons nos arguments avec tact, bienveillance, et des sources scientifiques sérieuses.

Bonne lecture 🙂

Lire la suite « Lectures de l’été, #1: le Guide nutritionnel vegan, de Sonja Reifenhäuser. »

Un dernier point avant de commencer!

J’allais enchainer directement sur ma lecture de la semaine, le Guide Nutritionnel Vegan, et puis j’ai décidé d’écrire une petite introduction, quelques mots sur ma méthode de travail pour ce projet, et c’est devenu carrément trop long pour tout dire en un seul article…

Donc avant de passer aux compte-rendus de mes lectures, un point sur les critères que j’ai choisi d’étudier plus particulièrement.

Tout d’abord, le jugement «à la tronche». C’est très subjectif, mais l’apparence joue beaucoup sur mes achats de livres. Alors autant en tenir compte dans cette analyse.

J’ai 5 critères principaux dans cette catégorie:

  • la couverture: couleurs, polices de caractères, illustrations, etc. Le critère subjectif par excellence, mais un bon indicateur tout de même: on remarque assez vite des codes récurrents au sein d’un même segment du monde de l’édition, et le segment «veggie» n’y échappe pas.
  • l’objet en lui-même: couverture cartonnée ou pas, taille du livre, qualité du papier et de l’encre, etc. Encore une fois, c’est très subjectif, mais cela influence grandement l’expérience de lecture, donc potentiellement le choix d’acheter ou non le bouquin.
  • l’auteur: nom connu ou pas, dans quel domaine et pour quelles raisons? La notoriété de l’auteur a clairement un impact sur mon niveau d’attentes à la lecture.
  • la maison d’édition ou la collection: certaines sont connues pour avoir de belles sélections végétariennes ou végétaliennes depuis pas mal d’années, d’autres sont de nouvelles venues dans le secteur. Sans que cela apporte nécessairement un gage de qualité au contenu, cela peut orienter mon choix.
  • et enfin, la quatrième de couverture: tentant ou pas tentant? Encore très subjectif. Certaines quatrièmes de couverture sont très vendeuses, et l’excitation retombe comme un soufflé à la deuxième phrase de l’introduction. Evidemment toutes ne sont pas comme cela, mais quand ça arrive, quelle déception! Bref, la quatrième de couverture, ça peut être important.

Ensuite vient la lecture en elle-même, et c’est là que ça se corse. En fonction du type d’ouvrage, les critères sont forcément un peu différents… J’ai donc choisi 3 critères suffisamment ouverts pour inclure tous les livres de ma pré-sélection*.

  • le style: what! encore un critère super subjectif! Oui j’assume. Parfois j’abandonne des bouquins, sûrement très chouettes, juste parce que la construction des phrases m’énerve. C’est comme ça. Mais là promis, je fais un effort et je lis tout jusqu’au bout, pour que chaque bouquin ait la même chance de me convaincre. Le but premier de ce critère est de répondre à ces questions: est-ce agréable à lire? Drôle? Sérieux? Pompeux? etc.
  • les références: on rentre dans le vif du sujet. Tout ouvrage qui se veut scientifique et sérieux doit citer ses sources. Un ouvrage qui ne cite pas ses sources perd à mes yeux 90% de sa crédibilité. Toute affirmation en matière de santé qui ne repose pas sur une source fiable est potentiellement: une arnaque, un danger, une croyance inefficace, un fantasme, ou parfois, un vrai truc prouvé qui n’a pas cité ses sources (faîtes votre choix).
  • le contenu: les informations fournies sont-elles à jour, sont-elles correctes? Y aborde-t-on les points essentiels liés à l’alimentation végéta*ienne? Y a-t-il des énormités propres à provoquer des hémorragies oculaires intenses? C’est la partie purement technique de l’analyse, et aussi la plus amusante pour moi.

Conclusion: ces 8 critères serviront de base commune, disons de grille de lecture, pour chaque ouvrage. D’autres aspects peuvent s’ajouter en fonction des spécificités de chaque titre, mais les 8 critères ci-dessus seront les plus importants.

*Un mot sur la pré-sélection des titres: faciles d’accès, que ce soit chez les libraires ou sur internet, je n’ai pas eu de difficultés à les trouver. Une recherche avec des mots-clés simples du type «alimentation végétarienne», ou «nutrition végétarienne», et hop, les voilà.

La « short-list » à l’heure actuelle (amenée à évoluer):

  • Guide nutritionnel veganS. Reifenhauser
  • Vivre végane, G. Ysèbe
  • Végane le guide pratique, V. Gerber
  • Bébé veggie, O. Véron
  • Mon cahier veggie, H. Defretin

On peut ajouter à cette liste les deux publications suivantes, dont les versions en .pdf sont accessibles gratuitement sur les sites des associations:

Et la « wish-list »:

  • Le défi vegane 21 jours, E. Desaulniers
  • Etre végétarien pour les nuls, S. Havala Hobbs
  • Tout naturellement veggie!, I. Ravanas
  • Se nourrir, marcher, courrir vegan, M. Frazier
  • Végétal vivant varié: les secrets de l’alimentation santé, C. Tal Schaller
  • Petit végétarien gourmand: recettes et conseils en nutrition de 0 à 6 ans, M. Laforêt
  • Initiation au végétarisme, pourquoi et comment devenir végétarien, V. Gerbe
  • Etre végétarien, A. de Lassus
  • Tout autre livre ayant pour sujet l’alimentation et la nutrition adaptée aux alimentations végétales, qui ne soit pas majoritairement un livre de cuisine.

Au vu de mon budget limité, je ne peux pas me permettre d’acheter tous ces livres, surtout que certains d’entre eux sont particulièrement onéreux. J’en appelle donc à la générosité des habitants de l’agglomération tourangelle: si vous possédez un des livres de ma wish-list, et que vous êtes prêts à me le prêter pour quelques semaines, ça serait tout à fait chouette! Je vous le rendrai au pire du pire au mois de septembre, sans annotations ni pages cornées, pas d’inquiétude, j’aime trop les livres pour les abimer. Votre soutien me serait d’une grande aide! Et en retour, un gros bisou, et si ça vous dit, une invitation à boire un coup/manger un bout à la maison, histoire de faire connaissance et de parler végé :).

Lectures de l’été

bibliothèquevégé

Au cours des semaines à venir, je vous propose une série d’articles façon inspecteur des travaux finis…

Depuis quelques années, de plus en plus d’ouvrages sur l’alimentation végéta*ienne paraissent, qu’il s’agisse d’ouvrages purement théoriques sur la question ou de livres de cuisine. Les librairies ont fait une place sur leurs étagères pour le « veggie »,  et parmi les habitants de cette nouvelle catégorie, on trouve un peu de tout en termes de qualité: du bon et du moins bon, du super sérieux et du carrément farfelu.

La tendance actuelle a placé le végétarisme -ou tout au moins le flexitarisme- sur un piédestal. Beaucoup d’auteurs et d’éditeurs surfent sur la vague en proposant une multitude de titres sur le sujet.

Si certains ont fait leur boulot correctement en s’entourant de professionnels de la nutrition, d’autres ont clairement fait l’impasse sur la vérification scientifique de leurs affirmations.

C’est toute la difficulté que pose ce type de publications: nul besoin d’un diplôme pour écrire, et donc pas de garantie pour le lecteur que les informations fournies sont sérieuses et fiables. Tant que quelqu’un y trouve son compte, n’importe qui peut écrire n’importe quoi sur n’importe quel sujet.

Mon objectif est donc de vous proposer une lecture critique de ces ouvrages. Je pointerai les bons points comme les mauvais, du point de vue de la diététique, de ses bases scientifiques et des recommandations officielles, françaises ou non, dans la mesure où elles sont pertinentes pour les végéta*iens.

Pour les ouvrages qui dépassent le cadre de l’alimentation, je me concentrerai uniquement sur les parties qui relèvent de mon domaine de compétence.

Si les auteurs des livres en question passaient par ici et souhaitaient répondre à mes propos, je serai tout à fait ravie de leur donner cette possibilité.

N’hésitez pas à me transmettre des titres, que ce soit en français ou en anglais. Il y a encore de la place dans mon carnet de lectures de l’été 🙂

À suivre, le Guide Nutritionnel Vegan, de Sonja Reifenhäuser, aux éditions La Plage.

 

Manger, un acte citoyen

lechatogmmonsanto

Le plus souvent, manger ça commence par un achat. Qu’il soit acheté au petit producteur ou à la grande surface, avant d’être mangé, un aliment est acheté.

On l’oublie souvent en diététique: on a tendance à se concentrer sur les quantités, les fréquences, les modes de cuisson, les risques, bref plein de choses très intéressantes, mais à cause desquelles on passe à côté d’un autre aspect de l’alimentation.

Manger, c’est avant tout une affaire de choix. Choisir le prix, la qualité, la provenance, le mode de fabrication. Ces choix ne sont pas anodins. Ne l’oublions pas, acheter, c’est valider un produit dans sa globalité. Acheter, c’est voter.

Acheter un produit car c’est le moins cher du rayon, cela implique bien plus que quelques économies pour le consommateur.

Si j’achète un produit, implicitement je suis d’accord avec toutes les étapes de sa fabrication, et son emballage, et les publicités qui sont faites pour le vendre, etc.

Prenons l’exemple du beurre. Quand j’achète une plaquette de beurre « discount » dans mon supermarché, cela implique que je suis d’accord avec tout le processus:

  • la fabrication du beurre, probablement industrialisée au maximum. Qu’en est-il des conditions de travail dans ces unités de production?
  • le lieu de fabrication du beurre, proche ou lointain? Combien de temps de transport jusqu’au rayon de ma grande surface? Sans compter bien sûr, le passage probable par une centrale d’achat, un stockage distant, et à nouveau du transport…
  • la collecte du lait, probablement éloignée du site de fabrication du beurre. Distance = camions sur les routes = pollution et donc double contribution à l’effet de serre.
  • les méthodes d’élevage des vaches laitières, qui n’ont absolument rien à voir avec l’image bucolique sur l’emballage. Soyons bien d’accord, les vaches laitières heureuses de leur sort, ça n’existe pas.
  • et en particulier la question de leur alimentation: vu qu’elles ne sont pas en train de manger de l’herbe, que mangent-elles? Probablement un mélange de soja et de maïs, céréales probablement importées d’Amérique du Sud, probablement OGM, probablement couvertes de pesticides, probablement responsables de déforestation et d’épuisement des sols.

Cette question de l’alimentation des animaux d’élevage est volontiers mise de côté… Aucune mention sur les emballages ne permet au consommateur de savoir comment ont été nourries les vaches à qui on a pris le lait qui a servi à la fabrication du beurre.

Alors manger, c’est aussi et surtout un acte citoyen. En faisant le choix d’une alimentation plus bio, plus locale, plus végétale, on fait aussi le choix d’une alimentation en cohérence avec des principes plus justes: meilleures conditions de travail et rémunérations des producteurs en évitant les intermédiaires gourmands, moins de dégâts sur l’environnement et la santé avec des méthodes agricoles plus raisonnées, la liste est longue!

Un client de moins pour un mastodonte sans conscience, c’est un partenaire de plus pour un petit qui travaille bien. Et 1 + 1 + 1…

Sois le changement que tu veux voir dans le monde. Gandhi.

Pour aller plus loin:

Article de France Info (avec quelques minutes d’émission disponibles pour compléter)http://www.franceinfo.fr/emission/question-de-choix/2015-2016/90-du-betail-francais-consommerait-des-ogm-21-02-2016-05-45

Le guide des produits laitiers avec ou sans OGM, de Greenpeacehttp://agriculture.greenpeace.fr/wp-content/uploads/2010/04/greenpeace-guide-ogm-fromage.pdf
NB: Je ne suis pas certaine du caractère indispensable des produits laitiers. Mais si vous en consommez, faîtes des choix responsables 😉

Le guetteur, initiative de Greenpeace qui recense les marques utilisant ou non des pesticides tueurs d’abeilles et des ingrédients OGM dans leurs produits: http://greenpeace.fr/guetteur/marques/

2016, année internationale des légumineuses

LOGO_IYP_fr_print-horizontal

 

Les nations unies ont proclamé l’année 2016 Année Internationale des Légumineuses (#IYP2016).

Les principaux arguments de cette décision sont:

  • Nutritionnels: les légumineuses sont riches en nutriments variés, en particulier en protéines végétales, en glucides complexes et en fibres alimentaires. Elles participent avantageusement à une alimentation équilibrée et favorisent par leur composition la prévention des maladies modernes (diabète, surpoids et obésité, maladies cardio-vasculaires, etc.).
  • Ecologiques: les légumineuses sont des cultures peu gourmandes en eau et résistantes, qui s’accommodent bien de milieux défavorables à d’autres cultures. Les légumineuses sont un maillon essentiel de la biodiversité: dans le cadre de la rotation des cultures, elles offrent une plus grande variété de paysages et d’habitats pour les animaux et les insectes. Par leur capacité à fixer l’azote, les légumineuses sont également un atout pour la qualité et la fertilité des sols.
  • Economiques: les légumineuses sont très bon marché et se conservent longtemps à température ambiante, sans précautions particulières.

 

Mon avis de diététicienne: les légumineuses c’est trop bon pour s’en priver!

Les avantages pour la santé sont nombreux: richesse en minéraux (en particulier en fer) et en vitamines, glucides complexes à index glycémique bas, protéines végétales, fibres alimentaires, très peu de matières grasses… Que demander de plus?

Un inconvénient, et c’est certainement le seul: les flatulences! Oui les légumineuses peuvent être difficiles à digérer. Mais en prenant le temps de les faire tremper la veille, éventuellement en changeant l’eau plusieurs fois avant de passer à la cuisson, on minimise les conséquences.

Et n’oublions pas:  comme pour beaucoup d’aliments, si on n’a pas l’habitude d’en manger, on a plus facilement du mal à les digérer. Mon hypothèse: en mangeant souvent et régulièrement des légumineuses, la flore intestinale s’adapte et au fil du temps, la digestion de ces aliments s’en trouve facilitée.

Pour aller plus loin:

Les légumineuses, j’en parle dans la NR: ici.

Site de la FAO (organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) et de l’AIL 2016: ici. Plein d’informations et de belles infographies!

Compte rendu de l’assemblée générale des Nations Unies du 20 décembre 2013, décidant la proclamation de l’année 2016 année internationale des légumineuses: ici.

Journée d’échange autour des légumes secs avec le Réseau Action Climat – France: ici.