Manger, un acte citoyen

lechatogmmonsanto

Le plus souvent, manger ça commence par un achat. Qu’il soit acheté au petit producteur ou à la grande surface, avant d’être mangé, un aliment est acheté.

On l’oublie souvent en diététique: on a tendance à se concentrer sur les quantités, les fréquences, les modes de cuisson, les risques, bref plein de choses très intéressantes, mais à cause desquelles on passe à côté d’un autre aspect de l’alimentation.

Manger, c’est avant tout une affaire de choix. Choisir le prix, la qualité, la provenance, le mode de fabrication. Ces choix ne sont pas anodins. Ne l’oublions pas, acheter, c’est valider un produit dans sa globalité. Acheter, c’est voter.

Acheter un produit car c’est le moins cher du rayon, cela implique bien plus que quelques économies pour le consommateur.

Si j’achète un produit, implicitement je suis d’accord avec toutes les étapes de sa fabrication, et son emballage, et les publicités qui sont faites pour le vendre, etc.

Prenons l’exemple du beurre. Quand j’achète une plaquette de beurre « discount » dans mon supermarché, cela implique que je suis d’accord avec tout le processus:

  • la fabrication du beurre, probablement industrialisée au maximum. Qu’en est-il des conditions de travail dans ces unités de production?
  • le lieu de fabrication du beurre, proche ou lointain? Combien de temps de transport jusqu’au rayon de ma grande surface? Sans compter bien sûr, le passage probable par une centrale d’achat, un stockage distant, et à nouveau du transport…
  • la collecte du lait, probablement éloignée du site de fabrication du beurre. Distance = camions sur les routes = pollution et donc double contribution à l’effet de serre.
  • les méthodes d’élevage des vaches laitières, qui n’ont absolument rien à voir avec l’image bucolique sur l’emballage. Soyons bien d’accord, les vaches laitières heureuses de leur sort, ça n’existe pas.
  • et en particulier la question de leur alimentation: vu qu’elles ne sont pas en train de manger de l’herbe, que mangent-elles? Probablement un mélange de soja et de maïs, céréales probablement importées d’Amérique du Sud, probablement OGM, probablement couvertes de pesticides, probablement responsables de déforestation et d’épuisement des sols.

Cette question de l’alimentation des animaux d’élevage est volontiers mise de côté… Aucune mention sur les emballages ne permet au consommateur de savoir comment ont été nourries les vaches à qui on a pris le lait qui a servi à la fabrication du beurre.

Alors manger, c’est aussi et surtout un acte citoyen. En faisant le choix d’une alimentation plus bio, plus locale, plus végétale, on fait aussi le choix d’une alimentation en cohérence avec des principes plus justes: meilleures conditions de travail et rémunérations des producteurs en évitant les intermédiaires gourmands, moins de dégâts sur l’environnement et la santé avec des méthodes agricoles plus raisonnées, la liste est longue!

Un client de moins pour un mastodonte sans conscience, c’est un partenaire de plus pour un petit qui travaille bien. Et 1 + 1 + 1…

Sois le changement que tu veux voir dans le monde. Gandhi.

Pour aller plus loin:

Article de France Info (avec quelques minutes d’émission disponibles pour compléter)http://www.franceinfo.fr/emission/question-de-choix/2015-2016/90-du-betail-francais-consommerait-des-ogm-21-02-2016-05-45

Le guide des produits laitiers avec ou sans OGM, de Greenpeacehttp://agriculture.greenpeace.fr/wp-content/uploads/2010/04/greenpeace-guide-ogm-fromage.pdf
NB: Je ne suis pas certaine du caractère indispensable des produits laitiers. Mais si vous en consommez, faîtes des choix responsables 😉

Le guetteur, initiative de Greenpeace qui recense les marques utilisant ou non des pesticides tueurs d’abeilles et des ingrédients OGM dans leurs produits: http://greenpeace.fr/guetteur/marques/